Spécialiste des matériaux, Umicore est de plus en plus dépendant du secteur automobile en raison de son leadership mondial dans les catalyseurs et les matériaux pour batteries. Melexis est pour sa part spécialisé dans les semi-conducteurs pour le secteur automobile. Les deux groupes ont profité ces dernières années de la hausse des ventes de voitures au niveau mondial ainsi que du développement d'automobiles de moins en moins polluantes et de plus en plus "technologiques". Umicore a généré un profit opérationnel de 514 millions en 2018, dépassant déjà son objectif 2020 (500 millions) fixé en 2014. Melexis a de nouveau vu ses ventes bondir de plus de 10% en 2018. Les deux groupes belges ont toutefois tiré la sonnette d'alarme pour 2019 en raison "du ralentissement du marché automobile mondial". Melexis anticipe une évolution des ventes comprise entre -2% et +2% après des années de forte croissance.

Le marché chinois en déroute

La Chine inquiète tout particulièrement. L'envol des ventes en Chine a longtemps soutenu la croissance du secteur. Le pays est devenu -de loin- le premier marché automobile avec près de 29 millions de véhicules écoulés en 2017. Mais les ventes ont baissé de 6% en 2018, une première en plus de 20 ans. La détérioration est d'autant plus marquante qu'il était encore question de croissance au premier semestre. Les perspectives demeurent plus que mitigées pour 2019 entre ralentissement de l'économie chinoise, conflit commercial sino-américain et durcissement des exigences environnementales. Contrairement à 2015, les autorités chinoises ne semblent de plus pas pressées d'intervenir. A l'époque, elles avaient rapidement réduite la taxe à l'achat de 10% à 5%. La taxe avait été relevée à 7,5% en 2017 et 10% en 2018.

Baisse des ventes en Europe et aux États-unis

Le secteur automobile ne peut de plus pas compter sur la croissance d'autres marchés, les ventes ayant visiblement atteint un pic tant en Europe qu'aux États-Unis. Sur le Vieux-Continent, les ventes ont même chuté au cours des 4 derniers mois de 2018 en raison des nouvelles normes d'homologation WLTP. La chute des indicateurs d'activité européen, au plus bas depuis cinq ans et demi, fait craindre une baisse des ventes en 2019. Aux États-Unis, les ventes sont stables depuis 2015, à un peu plus de 17 millions par an, un sommet infranchissable pour le secteur depuis le début de ce siècle. Désormais, les observateurs redoutent une baisse sous 17 millions en 2019.

Valorisation toujours tendue

A plus long terme, Melexis et Umicore demeurent des sociétés bien positionnées, profitant tant de la croissance du marché automobile mondiale que son évolution vers plus de technologies et les voitures électrifiées. La chute des derniers mois n'a toutefois pas encore suffi à ramener les multiplies de valorisation à des niveaux attractifs. Umicore et Melexis cotent environ 20 fois le bénéfice attendu en 2019. Un investissement ne peut donc clairement s'envisager que dans une perspective de très long terme au vu de la détérioration attendue des ventes mondiales en 2019.