L'an dernier, l'indice des 20 valeurs phares de la Bourse de Bruxelles avait engrangé 10,3%, après une année 2016 elle aussi dans le rouge (-2,5%). Le record absolu du Bel 20 date du 23 mai 2007, avec 4.759,01 points. Les cinq plus mauvaises performances annuelles du Bel 20 sont 2008 (-53,8%), 2009 (-39,1%), 2002 (-27,2%), 2011 (-19,2%) et, donc, 2018. L'année qui se termine avait pourtant bien commencé avec des marchés en hausse et un Bel 20 atteignant jusqu'à 4.185,96 points le 23 janvier 2018. Après cela, il n'a quasi cessé de dégringoler, accentuant sa glissade au cours du quatrième trimestre.

La conjoncture économique mi-figue, mi-raisin n'a pas vraiment porté les Bourses ces derniers mois. "Après une très bonne année 2017 au point de vue économique, cela a commencé à dérailler dès le début 2018. On a vite compris, en février-mars, que l'année serait décevante avec une croissance économique qui n'a cessé de s'effilocher en zone euro, en Chine et dans la plupart des pays émergents. Derrière la façade que représentent des chiffres de croissance de près de 3% aux Etats-Unis et pas loin de 2% en zone euro, les fondamentaux économiques se sont dégradés", observe Philippe Ledent, économiste chez ING.

L'année 2018 a aussi été marquée par des tensions politiques et sociales: "guerre" commerciale, notamment entre les Etats-Unis et la Chine, négociations laborieuses sur le Brexit, divergences budgétaires entre certains pays de la zone euro, mouvement des "gilets jaunes"... Aux Etats-Unis, la Fed a poursuivi le mouvement de hausse des taux, ce qui contribue à rendre le "cash" plus attractif par rapport aux actions.

La piètre performance d'AB InBev a pesé

Le Bel 20 a pâti de la piètre performance de son poids lourd, le géant brassicole AB InBev, qui a perdu plus d'un tiers de sa valeur en Bourse en 2018, et de la mauvaise performance des banques qui souffrent des taux bas. Une remontée des taux en zone euro n'est pas attendue avant, au mieux, fin 2019.

Au niveau des secteurs, "les valeurs technologiques se sont bien comportées jusqu'au mois d'août. Jusqu'en mai, les secteurs plus défensifs comme les biens de consommation non durables, les soins de santé, les services d'utilité publique ont souffert. Mais à partir de mai, on a observé une rotation sectorielle alors que l'économie ralentissait en Europe et dans les pays émergents, notamment la Chine", souligne pour sa part Serge Ivlef, stratégiste actions chez ING Belgique. Grâce à son bon début d'année, le secteur technologique termine toute de même 2018 dans le vert, alors que "les soins de santé et les services d'utilité publique ont tiré leur épingle du jeu", tant en Europe qu'aux Etats-Unis, poursuit Serge Ivlef. Le secteur énergétique a pour sa part varié au gré des fluctuations du baril de pétrole, en forte hausse en première partie d'année avant de chuter à partir d'octobre.

La Bourse de Bruxelles n'est pas la seule à terminer l'année en territoire négatif: le Cac 40 de Paris (-10,95%), le FTSE 100 de Londres (-12,48%) et le Dax de Francfort (-18,26%) n'ont guère mieux presté. Quant à Wall Street, ses indices vedettes (Dow Jones, Nasdaq et S&P 500) sont tous également dans le rouge en 2018.